Marc Chagall connaît une longue et prolifique carrière en Europe de l'Ouest et aux États-Unis. Il réalise tableaux, dessins, estampes, sculptures et céramiques, conçoit des costumes et des mises en scène pour le théâtre et le ballet, et peint des décors. Vers la fin de sa vie, il est un grand artiste en vitraux. Son influence est particulièrement forte dans le Paris des années 1920 et 1930.
Aîné d'une famille de 9 enfants il commence à travailler dans des ateliers à la fin de ses études à l’école des beaux-arts de Saint-Pétersbourg.
Marc Chagall part en France en 1910, afin d'y approfondir ses connaissances en arts plastiques et d'y rencontrer les tenants de l'avant-garde. Il y est témoin de mouvements picturaux tels que le fauvisme finissant et le cubisme naissant. Le premier lui inspire la couleur pure, gaie et claire, le second une certaine déconstruction de l’objet. Néanmoins jamais Chagall n’adhèrera pleinement à un mouvement ou à une école.
Cinq années plus tard, s'estimant prêt pour le retour au pays, il devient Commissaire du peuple aux Beaux-Arts, et fonde une académie. Mais, la politique russe décourage Chagall qui revient en France. Il retourne en 1922 à Berlin puis à Paris. Ses œuvres sont connues aux États-Unis, où des expositions sont organisées. Au début des années 1930 il voyage beaucoup avec sa famille, mais en 1935 il prend la nationalité française pour fuir l'antisémitisme de l'Europe centrale. En 1941, devant l'avancée allemande il part pour l'Amérique. Sa femme, Bella, meurt en 1944 ; cet événement marque le choix de ses sujets à cette époque. Il se remariera en 1952 avec Valentina Brodsky (1887-1985).
Marqué par la tradition juive et le folklore russe, il élabore une iconographie très personnelle autour de figures récurrentes - le violoniste, l'acrobate, le Christ, les amoureux, la vache... - qu'il agence dans ses toiles et tapisseries de manière à restituer ses états d'âme, et notamment son angoisse à l'aube de la Seconde Guerre. La richesse poétique, le merveilleux de son oeuvre lui valent de multiples commandes : décoration de l'Opéra de Paris, du siège new-yorkais de l'ONU, du Parlement israélien... il expose ses travaux pour la première fois en 1914.
Après son voyage en Palestine, Chagall décrit la Bible « comme la plus grande source de poésie de tous les temps » et dès lors il dit avoir « cherché ce reflet dans la vie et dans l’art ». Commence alors pour Chagall une nouvelle ère de création artistique. Dorénavant, il consacre son travail à la thématique biblique traduisant l’Ecriture Sainte d’abord en gouaches puis en gravures. Ce travail monumental est à l’origine du Message biblique qui propose un cycle décoratif relatant l’histoire biblique, terminé en 1966. Chagall en fait don à l’Etat français, qui, au grand bonheur de Chagall, l’expose au Louvre avant d’inaugurer en 1973 le Musée national du Message biblique à Nice, en présence d’André Malraux.
«Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir.»